L'énergie du parking

 

L'énergie du CIDFF 14 a payé puisque, pour la Journée Internationale des Droits des Femmes du 8 mars, la "Soirée Chanda, une mère indienne" a été un beau succès au cours duquel un public nombreux s'est intéressé à la situation des femmes en France ET à l'étranger. Des chiffres ? En France, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint, ou bien 63 millions de filles dans le monde ne reçoivent pas d'éducation (source <8mars.info>). Tempête de sable, le film israélien réalisé par Elite Zexer, nous l'a encore prouvé le mois dernier !

Quant à Lady Susan, il lui a fallu beaucoup d'énergie pour intriguer dans cette Angleterre du XVIII°s. Lors, quel régal pour les spectateurs anglophiles du Jumelage d'entendre les échanges à fleuret moucheté entre les différents protagonistes qui s'approchent, se reprochent et se touchent ! Seul l'Amour fera mouche, ainsi que le mépris avec pour sous-titres l'humour très british de Jane Austen. Ainsi nous avons assisté à des assauts de bretteurs : attaque, parade, riposte, parade, contre-riposte… jusqu'à la mise sur la touche de Lady Susan. Le film avait pour titre Love & Friendship. Tout un programme !

Cependant les intrigues autour du Multiplexe ne sont pas à la hauteur de celles concoctées par Jane Austen. Certes on y trouve les contradictions, les mensonges - pardon, les contre-vérités ! - et la mauvaise foi mais l'élégance est absente. On va jusqu'à reprocher à l'autre de faire son cinéma tout en se filmant en train de pousser la chansonnette. L'A.P.C. a l'impression d'assister à une guerre de positions. Tant d'énergie pour rien ! M. Leclerc (L'Eveil sur le net du 28.03.2017), s'il aborde de vrais sujets (parking & fouilles), donne dans l'hyperbole pour exaspérer le voisin. Il parle de la "hauteur démesurée" du multiplexe. Diantre ! Il sous-entend aussi que le maire "a la volonté de laisser sa marque comme l'a fait Yvette Roudy avec la médiathèque il y a vingt ans". N'est pas pharaon qui veut ! Ainsi, pour M. Leclerc, il semblerait que s'investir dans la vie publique, ce n'est ni faire évoluer les mentalités (cf les lois Roudy), ni proposer un mieux-vivre (cf piscine, médiathèque et rue piétonne); pour lui, c'est plutôt faire des coups de pub comme on marque des buts. Certainement l'influence de "l'expérience dans la communication dans un club de football professionnel". Précisant que sa "démarche est apolitique", il a eu pour lui l'opposition photographiée au premier rang (Le Pays d'Auge sur le net du 1° avril 2017 ). Et, avant de pousser la chansonnette sur la vidéo (l'Eveil), il signifie au maire que "son multiplexe on n'en veut pas Place de la République, à la limite ailleurs". Une chanson bon enfant aux derniers mots restrictifs, inquiétants et révélateurs.

Anne Rousseaux a écrit l'an passé sur Facebook : "Alors le multiplex c est du grand n importe quoi, de l inutile, du loisir, toujours du loisir stérile, ce n est pas ce qui va créer de la richesse à Lisieux qui se meurt, tout le monde s en va". Tout est dit ! Heureusement, les solidarités locales existent à Lisieux et le film Demain nous a prouvé que certains avaient encore l'énergie non pas d'un parking à voitures-ventouses mais celle de l'action positive.

Que faire pour insuffler une nouvelle vie à ce coeur de ville exsangue ? Rien ! Ne pas choisir entre un parking mort (un cimetière de voitures ?) et des salles de cinéma vivantes (films, opéras, manifestations sportives). Au delà du mépris des autres et du manque de vision, des spectateurs et l'A.P.C. attendent un multiplexe pour continuer l'action culturelle menée depuis 39 ans. De préférence en hyper-centre pour que le commerce renaisse. Mais si c'est "ailleurs", pourquoi pas ? M. Leclerc veut conserver sa place de parking à côté de chez lui. Quelle vision moderne de la Ville !

Il serait intéressant de connaître l'origine véritable de ces intrigues : d'abord éliminer une place retenue par des agences et une commission, ensuite proposer les sites Citroën, Peugeot, Ford comme voie de garage, enfin "à la limite ailleurs", mais pas chez nous ! La Culture fait toujours peur puisqu'elle donne à réfléchir. Pont-Audemer l'a compris, Bernay l'a compris, Mézidon-Canon l'a compris. Peut-être que ces villes ont des habitants qui pensent à Demain. Mais ne vous inquiétez pas, le coût des fouilles a encore frappé ! On s'engage sur une autre voie (pas romaine) sans rester sur le quai. Heureusement, on retrouvera l'énergie positive de René Letzgus qui présentera son film Kombissiri sur la volonté d'aveugles à vouloir avancer comme tout le monde en participant à une épreuve cycliste. Rendez-vous le 28 avril 2017 ! Lâchez votre parking et tous à vos guidons !

Pour l'A.P.C.   Didier Mayeur