La mode des feuilletons

Le premier édile de la Ville a parlé. Il a répondu à un ex-adjoint qui l'exhorte à décider et à trancher pour que ça bouge enfin : Cela montre surtout qu'on est en France et qu'on ne peut pas faire ce que l'on veut. (O-F du 7 mars 2018). La fatalité lexovienne est là, bien pesante. Y a du lourd depuis plus de dix ans ! Et on nous enfume en même temps. On ne peut rien faire alors que le multiplexe est un véritable moteur d'attractivité (O-F du 7 mars 2018). On n'y est pour rien ! Il y a toujours un grain de sable qui enraye le débarquement d'un projet. Un maire, malgré son ambition pour la Ville, malgré sa vision à court terme, ne peut rien faire économiquement pour sa ville. Pas de chance pour le fidèle investisseur à Lisieux qui veut avancer économiquement. On marche sur la tête. Je relis un vieil édito de l'A.P.C. datant du 13 juin 2013 : Le multiplexe est-il un serpent de mer ? On peut le croire. Le dossier apparaît sur un bureau, disparaît dans un carton pour ressurgir sur les lèvres d'un individu qui est pour mais contre. Ptêt ben qu'oui, p'têt ben qu'on ? Cela s'appelle un feuilleton. Examinez votre programme télé ! Les feuilletons sont à la mode, on ne propose que des séries françaises, danoises, norvégiennes, anglaises, américaines... Cela dépasse l'Europe. Lisieux suit la mode. Elle s'enrobe de feuilletons tandis que son coeur de ville saigne et s'assèche. Et le Lexovien moyen s'en fout, ça le fait sourire. Il a droit non pas au chapitre mais à un chapitre nouveau tous les six mois. Ca fait jaser : "Tiens, ils ont changé de lieu ! Un problème pour la Ville ?" "Tiens, ce n'est plus le même opposant ! Un problème pour la Communauté de Communes ?" "Tiens, ils parlent d'un nouveau dossier ! Un problème pour l'AGGLO ?" C'est le maire de Mézidon-Canon qui doit se demander comment il a réussi pour développer sa ville. C'est le maire de Saint-Lô qui doit se demander comment il a fait pour faire surgir de terre un multiplexe. C'est le maire de Bernay qui doit se demander comment il a réussi à avoir déjà son miniplexe en lançant son projet bien après Lisieux. Ca sert à ça les feuilletons, mes amis. Aux rebondissements à suivre dans la presse locale. Superman est mort. Vive Supermaire ! De Super Magiciens ces gens-là ! Les habitants ont peut-être la ville qu'ils méritent ? Ils infléchissent des choix alors que le ciné ne les intéresse pas puisque la télé propose de bien beaux feuilletons. Prochaine Soirée au Majestic : Ciné-Rencontre avec Eugène Sue, scénariste du feuilleton "Les Mystères de Lisieux", qui a reçu l'Aide à la Réécriture du pôle "Normandie Images".

Tout ça pour vous dire qu'un homme d'action est un homme qui fait des choix. Tout ça pour vous dire que, si par malheur on ne trouvait pas rapidement une solution (on arrête avec les fausses excuses et la politique politicienne), et si le Majestic ferme pour une raison ou une autre, les quelques 250 actions culturelles que nous avons menées depuis 40 ans (cette année l'A.P.C. soufflera ses 40 bougies, quel cadeau !) seraient réduites à néant. Tant mieux pour vous, Lexoviens, qui avez mis des bâtons dans les roues du projet car vous pourrez à nouveau garer votre quat' roues sur votre petite place perso qui n'est pas votre Place. Le marché, qui ne devait jamais disparaître, continuera entre les voitures et les camionnettes.

Au nom de l'A.P.C., des cinémas Majestic et Royal, aux noms des spectateurs qui savent l'importance d'un ciné dans une petite ville de province, au nom des jeunes qui aiment le cinéma, je demande aux Augerons silencieux d'exiger que ce projet culturel se débloque, peu importe où. Agissez, faites une pétition, parlez-en sur vos réseaux sociaux ! Mettez la pression ! On parle de fermer le Tribunal. Ensuite le Majestic. Feuilleton à suivre !

Pour l'A.P.C. Didier Mayeur